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Ce projet de musée très attendu à Bruxelles n'ouvrira finalement pas

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Antoine Lebrun

C'est un véritable coup de théâtre pour la scène culturelle belge. Après plus d'une décennie de promesses et d'espoirs, Philippe Geluck a annoncé qu'il abandonnait définitivement son projet de Musée du Chat et du dessin d'humour à Bruxelles. Imaginé autour de son emblématique personnage né en 1983, le musée devait voir le jour au cœur du quartier des Musées, à deux pas de la place Royale. Mais l'inflation et l'envolée des coûts de construction ont fini par avoir raison de cette aventure.

Des coûts multipliés qui ont rendu le projet impossible

Le principal obstacle est tout simplement devenu financier. Lors du lancement du projet en 2015, Philippe Geluck devait prendre en charge les aménagements intérieurs du futur bâtiment de 3 000 m² : scénographie, équipements techniques, ascenseurs ou encore installations électriques. Une enveloppe alors estimée à 4,5 millions d'euros… qui grimpe aujourd'hui à près de 7 millions d'euros. Une hausse vertigineuse, notamment liée à l'explosion du prix des matériaux. Pour l'artiste, impossible de suivre. Comme il l'a résumé auprès de l'AFP, il ne s'agit pas d'un caprice, mais d'une équation devenue insoluble.

Un chantier à 15 millions d'euros et un avenir encore flou

Même le chantier piloté par la Région de Bruxelles-Capitale a vu son budget exploser. Initialement estimé à environ 4 millions d'euros, son coût atteint désormais près de 15 millions, dont 14 millions auraient déjà été engagés par les autorités régionales. Pour financer sa participation, Philippe Geluck avait notamment misé sur la vente de ses célèbres sculptures monumentales du Chat, exposées en 2021 sur les Champs-Élysées. Cela n'aura finalement pas suffi.

Aujourd'hui, des discussions juridiques sont toujours en cours entre les deux parties. La Région estime que le dessinateur pourrait devoir verser des indemnités, tandis que Philippe Geluck s'appuie sur une clause suspensive prévue dans leur convention. Une chose est en revanche déjà actée : le bâtiment ne restera pas vide. Bruxelles souhaite toujours y installer un grand musée, même si son futur occupant reste, pour l'instant, un mystère. Quant au Chat, il devra trouver un autre endroit où poser ses moustaches.


Source : BeauxArts