Les archives récemment rendues publiques placent la capitale belge au cœur d’un système tentaculaire. Dans les documents liés à Jeffrey Epstein, les mots « Belgium » et « Bruxelles » apparaissent des centaines de fois. Plus de 700 mentions pour le pays, près de 1 000 pour la capitale. Un chiffre vertigineux, qui interroge sur le rôle stratégique de la Belgique dans l’organisation de son réseau d’influence.
Bruxelles attirait Epstein pour des raisons très concrètes : efficacité, discrétion et connexions européennes. Sa proximité avec les grands ports du continent facilitait notamment le transport et l’achat d’œuvres d’art. Plusieurs sociétés enregistrées en Belgique lui auraient permis de renforcer ses activités économiques et de structurer ses flux financiers. Derrière l’image feutrée des galeries et des bureaux, se dessinait une toile bien plus sombre.
Des échanges troublants autour de jeunes femmes belges
Les documents dévoilent aussi des conversations inquiétantes liées à de potentielles recrues. De nombreux mails font référence à des femmes, parfois très jeunes, basées en Belgique. Si aucune preuve formelle ne confirme qu’elles ont été envoyées sur l’île d’Epstein, les mentions répétées soulèvent de lourdes questions. Pour Dylan Carter, journaliste d’investigation au Brussels Times, ces éléments laissent penser que Bruxelles a pu servir de terrain de recrutement (source : RTL Info).
L’affaire prend une tournure encore plus glaçante avec l’implication d’une agence bruxelloise. « Casting Factory », basée à Ixelles et aujourd’hui disparue, transmettait des profils de jeunes femmes à Jeffrey Epstein. Les échanges datent des années 2010, soit après sa condamnation en Floride pour trafic de prostituées mineures. Autrement dit : alors que son passé judiciaire était connu, certains continuaient à collaborer avec lui.
“Tout le monde aurait dû savoir”
Le silence et l’aveuglement autour d’Epstein restent l’un des aspects les plus dérangeants de l’affaire. « Il était reconnu comme pédophile dès 2008. Les gens auraient dû le savoir », rappelle Dylan Carter. Pourtant, de nombreux proches, partenaires et contacts ont poursuivi leurs échanges. Entre déni volontaire, indifférence ou naïveté, la frontière reste floue… et profondément troublante.
L’arrestation de 2019 et le suicide d’Epstein n’ont pas mis fin aux zones d’ombre. Derrière lui, il laisse un empire financier et criminel aux ramifications internationales, dont une partie passe par la Belgique. Bruxelles, hub politique et économique européen, apparaît aujourd’hui comme l’un des maillons clés de ce système opaque.
Source : RTL Info
