Avec cette cinquième exposition, l'artiste Créons prouve une nouvelle fois que l’art peut réenchanter n’importe quel espace, même le plus austère. Installé au Parvis de Saint-Gilles, l’événement investit une ancienne banque prêtée par la commune, avec une contrainte de taille : ne rien modifier à la structure existante. Un défi transformé en coup de génie créatif grâce à un matériau simple et universel : le carton. Résultat, murs, plafonds et volumes sont entièrement recouverts, donnant naissance à un cocon inattendu en plein décor urbain.

Le carton comme terrain de jeu et de mémoire
En recouvrant l’espace de carton, l’artiste recrée un univers familier, presque instinctif, qui renvoie directement à l’enfance. L’ancienne banque devient ainsi une cabane géante, un refuge imaginaire où l’on retrouve l’insouciance des premières constructions bricolées. Inspiré par son propre rapport à l’enfance et à ses enfants, Créons détourne un matériau banal pour en faire un lien entre architecture et émotion. Une manière aussi d’unifier l’espace et ses œuvres, dans une scénographie aussi simple que redoutablement efficace.

L’exposition ne se contente pas d’être visuelle : elle se vit comme une expérience immersive à part entière. Le visiteur déambule dans un “univers total”, où le décor devient support d’expression. Sur ces surfaces de carton prennent vie plus de trois ans de travail artistique : paysages colorés, scènes du quotidien et compositions oniriques. Partout, le personnage signature de l’artiste — ce fameux crayon — s’invite, apportant une touche de poésie et de légèreté. Un fil conducteur qui donne le sourire sans jamais tomber dans la naïveté.
Un artiste discret, un message universel
Fidèle à son ADN, Créons cultive l’anonymat tout en se livrant pleinement à travers son art. Présent sur les murs de Bruxelles depuis près de vingt ans, son personnage est devenu une figure familière pour les habitants. Derrière cette discrétion, une philosophie claire : faire passer l’émotion avant l’ego. Une approche qui crée une vraie connexion avec le public, notamment sur les réseaux sociaux où son univers est largement partagé.

Plus qu’une expo, “On disait que…” agit comme une bulle hors du temps, une respiration bienvenue. À l’image d’une “aspirine artistique” chère à Jacques Brel, l’expérience invite à lâcher prise, ne serait-ce que quelques minutes. Et franchement, dans le tumulte ambiant, ça n’a pas de prix. À découvrir gratuitement jusqu’au 31 mai, le week-end, pour une immersion aussi régressive que nécessaire.
Parvis de Saint-Gilles, 23 - Saint-Gilles
Du 10 avril au 31 mai 2026
Samedi et dimanche de 1Ah à 18h
Entrée libre
